Bons offices
Les bons offices de la Suisse reposent sur une longue tradition. Son indépendance et son impartialité, son système démocratique fondé sur l’échange, l’équilibre et le compromis ainsi que son expérience de la diversité culturelle inspirent la confiance. Ainsi, la Suisse réussit à construire des ponts là où d’autres échouent.

En droit international public et dans le domaine des relations internationales, le terme « bons offices » tel qu’il est défini dans la Charte des Nations Unies désigne toute initiative diplomatique ou humanitaire entreprise par un pays tiers ou une institution neutre dans le but de résoudre ou de surmonter un conflit bilatéral ou international.
Qu’est-ce que les « bons offices » ?
Les bons offices sont un instrument de politique extérieure. Ils font référence aux efforts déployés par une tierce partie pour contribuer au règlement pacifique d’un conflit opposant deux ou plusieurs parties.
Les bons offices de la Suisse relèvent de trois catégories :
- Mandats de puissance protectrice : lorsque deux États rompent entièrement ou partiellement leurs relations, la puissance protectrice assume une partie de leurs tâches diplomatiques et/ou consulaires.
- État hôte : accueil de conférences internationales ou de réunions de haut niveau.
- Médiation : facilitation du dialogue ou médiation dans un conflit.
À quelles conditions la Suisse exerce-t-elle ses bons offices ?
La Suisse exerce ses bons offices :
- si son expertise et sa renommée lui permettent d’apporter une valeur ajoutée
- si une ou plusieurs parties à un conflit en font la demande
- si les services fournis servent ses intérêts (paix, sécurité, stabilité, bien-être économique et social de la Suisse et des autres pays).
Que peut offrir la Suisse ?
Puissance protectrice
La Suisse exerce le rôle de puissance protectrice depuis de longues années. Le nombre de ses mandats varie et dépend de l’état des conflits dans le monde. Lorsque deux États décident de rompre leurs relations diplomatiques et/ou consulaires, ils peuvent demander à la Suisse d’intervenir en exerçant un mandat de puissance protectrice. Avec l’accord de toutes les parties concernées, la puissance protectrice reprend l’exécution des tâches convenues avec l’État mandant pour garantir la protection de ses ressortissants et/ou représenter ses intérêts dans l’État hôte. Les mandats de puissance protectrice permettent aux États concernés de maintenir un niveau minimum en termes de relations et de communication en cas de crise. Au 1er janvier 2025, la Suisse assumait huit mandats de puissance protectrice.
État hôte
En tant qu’État neutre, la Suisse entretient un vaste réseau d’ambassades dans toutes les régions du monde et cultive de bonnes relations avec tous les pays. Elle est régulièrement sollicitée pour accueillir des pourparlers de paix, des négociations ou des réunions de haut niveau.
Le site de la Genève internationale s’y prête particulièrement, car la quasi-totalité des pays y sont représentés par des missions diplomatiques et la ville abrite le siège de nombreuses organisations internationales, à l’instar de l’ONU et du CICR, organisations non gouvernementales et institutions économiques et scientifiques. La Suisse s’est notamment distinguée en tant qu’État hôte en accueillant des conférences de premier plan au cours des cinquante dernières années et plus. À l’époque de la guerre froide, dans les années 1980, elle a été le lieu d’importantes réunions sur le désarmement entre les blocs de l’Est et de l’Ouest. C’est en effet à Genève qu’a été organisée, entre 1973 et 1975, la deuxième phase de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, qui a débouché sur l’Acte final d’Helsinki. Elle a ainsi favorisé la détente entre les deux blocs et contribué, ce faisant, à mettre fin à la guerre froide. Aujourd’hui encore, la Suisse reste un lieu propice pour les rencontres entre responsables politiques de haut rang, l’organisation de délicates négociations ou la tenue de pourparlers de paix.
Facilitation et médiation
La facilitation et la médiation sont des instruments qui visent à favoriser le règlement de conflits. Lorsque la Suisse réunit les parties autour d’une même table sans participer elle-même au dialogue, on parle de facilitation. Si elle apporte également une aide en matière de contenu et participe activement à la recherche d’une solution, on parle de médiation. La médiation et la facilitation, qui se déroulent généralement en coulisse, exigent du savoir-faire, de la discrétion et de la persévérance.
Au cours des dernières décennies, la Suisse a accompagné plus de 30 processus de paix dans plus de 20 pays. Le Mozambique en constitue un exemple : en 2013, une nouvelle guerre civile a éclaté dans ce pays d’Afrique de l’Est. En 2016, le gouvernement et l’opposition ont sollicité les bons offices de la Suisse. Celle-ci a accompagné, en tant que médiatrice, les négociations de paix qui ont débouché sur un accord de paix le 6 août 2019. Par le passé, la Suisse a également joué un rôle important dans les processus de paix au Burundi, en Colombie, au Myanmar et au Soudan. Actuellement, elle mène des activités de médiation, de soutien au dialogue, de facilitation ou de soutien aux négociations dans différents processus de paix impliquant, notamment, la Colombie, la Libye, la Syrie, le Kosovo et la Serbie, le Liban ou encore la Géorgie.

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La Division Paix et droits de l’homme du DFAE s’engage pour la promotion de la paix. Quelques exemples de bons offices de la Suisse en Afrique.

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Médiation et dialogue
Partenaire reconnue sur le plan international et souvent sollicitée, la Suisse accompagne des processus de paix dans une vingtaine de pays.
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